En France, la notion de circulation mixte piétons/cyclistes n'existe pas. Seul éventuellement, il y a la zone de rencontre où le piéton est autorisé à marcher sur la chaussée. Dans ce cas, les aménagements de voirie doivent permettre de maintenir la vitesse des véhicules à moins de 20 km/h. Dans les aires piétons, les cyclistes sont autorisés et devraient à y circuler à l'allure du pas, soit moins de 3,6km/h (Un mètre par seconde). Dans de plus en plus de villes, le cycliste est invité à mettre pied à terre, ce qui est plus raisonnable et à généraliser.
Quand à la voie verte, c'est une avatar de la piste cyclable puisque c'est une route au sens du code de la route. Dans le cas d'une piste cyclable, le piéton n'a pas le droit de marcher sur la piste. Dans le cas d'une voie verte, il peut marcher sur cette route mais en respectant le code de la route, c'est à dire en marchant sur le bord gauche face à la circulation des cyclistes. Bizarrement, des trottoirs se transforment en voie verte, ce qui montre une certaine méconnaissance de la réglementation et aussi l'absence en France d'un contrôle de conformité par les Préfets.
La question est de savoir si cela est possible de concevoir et d'aménager la voirie conjointement utilisé par les piétons et les véhicules. Du point de vue de la sécurité routière, c'est un risque évident que de rechercher une telle cohabitation. L'article note bien trois critères : le dimensionnement, la fréquence et la vitesse. Est-ce que cela peut être traité au cas par cas. Non. La Suisse a une approche normative de l'aménagement de la voirie. Il existe d'ailleurs une norme pour créer et aménager un passage piéton qui n'est pas si mal.
La France en est pour l'instant à ce que chaque collectivité fait un peu ce qu'elle veut pour le meilleur et le pire. Aucun norme ou prescription technique n'encadre l'aménagement de la voirie sauf pour l'accessibilité. Cette réglementation sur l'accessibilité impose d'ailleurs un cheminement piéton libre de tout obstacle qui est bien mal respecté.
L'étape suivante est le contrôle de la conformité à la norme. Même en Suisse, il y a des manquements comme le drame de Cran nous l'a rappelé, d'où la responsabilité des Préfets
Bref, la sécurité n'a pas de pris. Elle impose des contraintes à respecter. En France, un défaut d’aménagement, voire de signalisation concerne un accident sur trois (résultat des enquêtes Réagir des années 90 que l'on a vite oublié et qui ne s'est pas arrangé, bien au contraire).